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Nous
vivons l’époque de la globalisation de la production,
de la consommation et de la communication. Cette mondialisation,
qui s’impose à nous, fait de la terre le village global
où les humains peuvent rêver de se comprendre mieux,
mais elle échappe bien souvent à la volonté
démocratique. Si nous devons nous protéger des menaces,
corriger les dérives qu’elle provoque, comme la financiarisation
extrême de l’économie, dont les excès
sont sous nos yeux, nous devons savoir saisir les opportunités
de développement qu’elle offre à la société,
les possibilités d’épanouissement qu’elle
apporte aux individus.
Nous favoriserons toutes les coopérations internationales
pour réduire les inégalités, protéger
les ressources naturelles et faire vivre le développement
durable. Ainsi nous nous protégerons des menaces et des dérives
que la mondialisation véhicule. Au plan national, nous voulons
sortir la France des systèmes ankylosés, dont plus
personne ne sait à quoi ni qui ils servent, mais dont tous
ressentent combien ils coûtent. Pour cela, nous voulons réformer
l’intervention et le fonctionnement d’un Etat, dont
nous réaffirmons le rôle majeur mais qui doit se repositionner
sur ses missions essentielles : Education, sécurité,
justice, santé, protection sociale, savoir prendre des initiatives
dans les situations d’urgences.
L’éducation, parce qu’elle est à la fois
la meilleure arme qui puisse être fournie aux individus dans
le monde changeant d’aujourd’hui est la meilleure garantie
de com pétitivité de nos économies. Elle doit
devenir plus égalitaire et plus performante, élever
le niveau de tous, y compris des meilleurs, et s’affirmer
comme le moyen le plus efficace de parvenir à une réelle
égalité des chances. La sécurité, qui
est un droit pour chaque citoyen et qui exige politique de prévention,
fermeté dans la sanction, aide à la réinsertion.
La protection sociale, qui doit bénéficier à
tous, sans excéder les moyens disponibles, ce qui exigera
rigueur de la gestion, responsabilisation des acteurs, et proportionnalité
dans les contributions. La puissance publique doit agir par l’incitation
et le contrat, plus que par la réglementation et doit limiter
ses dépenses de fonctionnement, pour réduire les déficits
et retrouver ainsi des capacités d’action et d’investissement,
notamment pour la recherche et dans le domaine social. L’Etat
doit tendre vers un allègement des prélèvements,
avec la volonté de simplifier la fiscalité et de la
rendre plus équitable en faisant en sorte que les plus aisés
participent proportionnellement davantage qu’aujourd’hui
à l’effort commun. Par souci de justice sociale nous
avons la volonté de simplifier la fiscalité et de
la rendre plus équitable, notamment par l’instauration
d’une flax-tax.
Profondément décentralisateurs, nous voulons rationaliser
les niveaux administratifs en répartissant les compétences
de manière bien définie et en les dotant de ressources
financières propres et suffisantes à leur autonomie.
Au plus près des initiatives et des besoins, nous favoriserons
l’intervention des acteurs locaux et associatifs.
La libération des énergies, l’initiative et
la concurrence nous donneront les moyens de la solidarité
et du progrès social. Nous
voulons concilier liberté et solidarité : agir pour
les plus fragiles, garantir à chacun le droit à un
suivi professionnel, social et sanitaire, en refusant les mécanismes
globaux d’assistance qui pénalisent trop souvent l’initiative
et la compétitivité. Nous refusons les privilèges,
les statuts rigides mais aussi l’égalitarisme formel
où les systèmes de redistribution ratent leurs objectifs
faute d’être ciblés.
Pour promouvoir l’égalité réelle et donner
à chacun sa chance au départ, l’éducation
et la formation, le soutien aux initiatives, l’incitation
à l’emploi doivent faire vivre le principe d’équité
et corriger les inégalités et les dicriminations.
Nous nous engageons à promouvoir une économie réelle
qui allie l’efficacité et la justice. Nous visons le
plein emploi. Pour l’atteindre, au-delà d’une
politique de croissance durable, nous privilégierons le soutien
aux individus notamment par la formation tout au long de la vie,
l’incitation à la responsabilité et à
la mobilité professionnelle, la combinaison de la fluidité
et de la sécurité, l’assouplissement négocié
du droit du travail, la conditionnalité des aides et des
prestations. Pour un développement solidaire du monde, nous
nous engageons à accompagner le développement pour
l’union de la Méditérranée. Une politique
de coopération libérée de toutes ses pesanteurs
apparait comme indispensable. La garantie des Droits de l’Homme
sera érigée en exigence, une politique active de lutte
contre le terrorisme et les fondamentalismes, une politique d’immigration
concertée, pour un monde que nous voulons plus sûr.
La puissance publique doit privilégier le contrat à
la loi, l’incitation à la contrainte. La réduction
des déficits permettra de retrouver les capacités
d’action et d’investissement en faveur de la recherche
et de l’intelligence. Dans l’Union européenne
nous mettons l’espoir qu’elle soit l’outil privilégié
qui permettra de peser pour la réalisation d’une meilleure
gouvernance mondiale et d’un développement équilibré
Les orientations que nous venons de présenter, et qui peuvent
être qualifiées de sociales libérales, ont largement
été adoptés par la plupart des partis sociaux
démocrates d’Europe. En les développant, nous
pourrons utilement agir pour la rénovation de la gauche,
mais aussi contribuer à la poursuite et à l’approfondissement
d’une politique de Réforme juste. Ils figureront au
cœur du projet que notre Congrès de Suresnes élaborera,
les 29 et 30 novembre prochains en fondant officiellement et démocratiquement
le Parti de La Gauche Moderne.
Appel adopté
lors des Rencontres Nationales de
Mulhouse, le 20 septembre 2008
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