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L'Edito
Non
la gauche ce ne peut pas être cela !
Le spectacle que nous donne le Parti socialiste, depuis son congrès,
fait penser à une mauvaise série américaine. À
aucun instant on ne peut se dire qu’il s’agit là
du principal parti de gauche de France, à aucun instant on ne
peut imaginer que c’est cela l’opposition dans notre pays.
Nous avons choisi d’être dans la majorité qui réforme
le pays, mais comme tous les démocrates, nous pensons qu’il
est indispensable au débat, dans une démocratie, qu’il
y ait une opposition qui propose une autre voie aux citoyens, si ceux-ci
voulaient changer de politique.
Hélas, rien de tel n’existe plus. Le Parti socialiste s’est
abîmé dans un océan de haines personnelles et de
ressentiment entre dirigeants. Ce Parti socialiste donne une image détestable
de la politique en gé-néral et par extension une image
affreuse de la gauche. On peut s’interroger : Comment en sont
ils arrivés là ?
Pendant des années avec mes amis politiques, nous avons demandé
un débat sur les idées, nous avons essayé de faire
de ce parti un parti capable, comme le sont les grands partis de gauche
de nos voisins européens, de prendre la réalité
à bras le corps et de proposer des pistes de réforme pour
la France, comme en Espagne, en grande Bretagne au Portugal, en Allemagne
les partis de gauche le font.
Mais il a été impossible d’obtenir le débat
sur le fond de nos propositions et de nos idées. Ni sur le fond
de n’importe quelles idées d’ailleurs. Nous avons
constamment buté sur une direction qui refusait de réfléchir.
Un groupe dirigeant muré dans ses certitudes d’hier, convaincu
que le mouvement naturel de l’alternance les ramènerait
naturellement à la direction des affaires du pays, sans avoir
à élaborer de nouveau programme politique. En refusant
la moindre audace programmatique, la moindre réflexion en termes
de modernisation.
Lorsque l’on refuse de parler des idées alors on finit
par mettre la bataille pour les postes de direction avant le combat
pour les idées. Lorsque l’on refuse d’élaborer
des idées alors on finit par vouloir le pou-voir pour le pouvoir.
Lorsque l’on refuse se battre pour des idées alors on finit
par être dans un parti qui ne vit plus que pour le parti. Lorsque
l’on refuse de placer les idées au cœur de la politique,
alors la question de savoir qui va empocher les millions d’Euro
de subvention au parti, dont on veut faire un marchepied pour ses ambitions
personnelles, domine toutes les autres. Alors il ne reste plus rien.
Plus rien que le choc brutal des ambitions. Que nous voyons s’étaler
jusqu’à plus soif…
Nous avons fait le choix, il y a dix huit mois maintenant, de rompre
avec ce cycle infernal, et de faire ce que les autres partis de gauche
européens font. Réfléchir, s’adapter et comprendre
comment adapter son pays à la mondialisation, pour que de cette
réforme économique puisse surgir le redémarrage
du progrès social, dont le pays et tout spécialement le
monde du travail a tellement besoin, ce que nous appelons : la réforme
juste. Nous avons fait le choix d’agir aux côtés
de Nicolas Sarkozy, au sein de la majorité et du gouvernement.
Pas un seul instant nous ne regrettons ce choix. Avec le congrès
de La Gauche Moderne, les 29 et 30 novembre, c’est non seulement
une gauche de notre époque que nous construisons, mais une gauche
utile à son pays, une gauche qui peut être fière
d’elle même.
Jean-Marie
BOCKEL |